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L'actualité de Laval et son agglo

Newsletter n° 3

SILENCE DEVANT LA CONDAMNATION À MORT DU CENTRE-VILLE DE LAVAL.

 Lettre de réaction à la suite des articles Ouest-France des:

leroy-merlin

  • 08/09/2016 : Jean-François Vallée « Le stationnement, la préoccupation majeure des usagers »
  • 09/09/2016 : Jean-Loïc Guérin « Le nouveau Leroy-Merlin prend forme pour 2017 »
  • 10/09/2016 : Jérôme Bezannier «  Un parking souterrain en plein centre-ville »
  • 22/09/2016 : Jérôme Bezannier «  A Laval, la voiture reste garée moins d’une heure »

 

Et de l’article du Courrier de la Mayenne et propos recueillis de Monsieur le Maire de Laval

  • 15/09/2016 : Quentin Lanvierge « 20 boutiques supplémentaires à Carrefour.
  • —————————————————————–

A chaque campagne électorale, les politiques clament unanimement leur passion pour le centre-ville. Les électeurs entendent ce discours et chacun sait qu’un centre-ville vivant et dynamique fait partie du bien commun au même titre par exemple que le patrimoine architectural. Les centres représentent des lieux de vie structurés auxquels la population s’identifie. Ils sont lieux d’échanges, de pluralité et de diversité. Il suffit de constater toutes les conséquences du dépérissement d’une rue ou d’un quartier.

A Laval aujourd’hui, les faits ne semblent pas concrétiser les promesses électorales. Aux affaires, les élus semblent éviter tout diagnostic précis. On ne tente pas d’analyse globale ou de cause à effet alors que de nombreuses villes en mauvaise situation peuvent nous éclairer.

Après lecture de la presse et réponse des élus, le citoyen n’est guère instruit sur le rôle joué par le stationnement, par l’agrandissement des zones commerciales périphériques ou encore par l’absence d’enseignes locomotives au centre-ville ; en revanche, il peut rêver au sujet d’un immense chantier bien hasardeux qui se ferait en 2025 place du 11 Novembre ou d’un ascenseur qui prendrait son envol de la rue du Val de Mayenne !

 

Il serait important que les citoyens lavallois puissent prendre connaissance des indicateurs du dynamisme du centre-ville. Si tant est que ceux-ci existent, les services spécialisés de la ville et de la Chambre de Commerce les mettent-ils à disposition des décideurs ?

 

N’ayant pas d’état des lieux précis, le Lavallois est cependant forcé de constater des évolutions générales inquiétantes :

  • rétrécissement du centre-ville dynamique avec l’abandon de la rue de Rennes, de la seconde partie de la rue du Val de Mayenne, de la rue Jules Ferry, du Carrefour aux Toiles, de la Grande Rue…
  • diminution du nombre de commerces indépendants
  • très nette diminution des métiers de bouche (charcuterie, traiteur, boucherie, poissonnerie…)
  • Disparition d’une offre de services au centre-ville. (pressing)
  • départ de services et administration (URSSAF, tribunal de commerce, chambre d’agriculture)
  • fermeture d’écoles élémentaires et projet de fermeture de collège.

 

L’activité commerciale semble être au bord de la rupture. Chaque entrée de la ville est désormais flanquée d’une boulangerie périphérique et certaines franchises quittent même le centre-ville.

leroy-merlin

 

Quels sont les facteurs pouvant expliquer cette régression du centre-ville ?

 

  • La difficulté de l’utilisation de la voiture et l’impossibilité de stationner près du magasin ; ce facteur est très surestimé comme nous le démontre l’article du Ouest-France du 22/09/2016 «  à Laval, la voiture reste garée moins d’une heure. ». Par ailleurs, de nombreux chalands n’hésitent pas à dépenser pour se rendre et pour stationner dans les centres-villes des grandes agglomérations avoisinantes…
  • La difficulté et le coût d’adaptation des vieux commerces : c’est un frein pour l’installation de grandes enseignes qui demandent des surfaces importantes.
  • Les loyers très élevés : les phénomènes de rente s’opposent à la création d’entreprise. C’est une faiblesse généralisée de l’économie française.
  • Manque d’attractivité et de qualité d’accueil des centres : (peu de rues piétonnes, trop peu d’animations, manque de diversité des commerces (téléphonie, banque…)
  • Mutation accélérée des formes de consommation avec le e-commerce : le métier de commerçant est bouleversé.
  • Stagnation ou baisse du pouvoir d’achat.
  • Concurrence de plus en plus vive des grandes métropoles avec Rennes, Angers, Nantes, Paris…
  • L’accroissement exponentiel des surfaces commerciales périphériques.

 

Dans la série d’articles, on nous parle bien de l’extension du commerce périphérique avec d’une part les 20 boutiques créées à Carrefour et d’autre part l’ancien Leroy Merlin transformé en zone commerciale avec 10000m² de surface. Le lien entre cette explosion de surface supplémentaire à la périphérie et les difficultés du centre-ville n’a pas été mis en avant. C’est pourtant un aspect essentiel qui explique la situation catastrophique des centres-villes ( par exemple, Saint Brieuc ).

 

Cela révèle-t-il l’impuissance de nos élus lavallois face aux décisions de la commission départementale d’aménagement commercial ? L’absence de réaction vive de tous les acteurs refléterait-elle une forme de fatalisme ?

 

L’installation de locomotives au centre-ville n’a été que partiellement présentée ; une enseigne serait intéressée par le rez-de-chaussée de la Médiapole (Mango), mais rien sur le projet d’H&M à la Poste. Messieurs Garot, Boyer et Zochetto nous l’ont pourtant promis mordicus!

 

 

 

Incidemment, dans l’article du Courrier de la Mayenne du 15/09/2016, on apprend qu’H&M pourrait s’installer dans la zone de Carrefour…Là encore, le citoyen voudrait être informé. A Alençon, cette chaîne s’est installée récemment dans le centre ; quels sont les effets de cette installation sur le centre-ville ? Voilà le genre d’informations capitales à connaître pour mettre en place des stratégies !

 

Cela fait quelques années qu’il y a une prise de conscience des dégâts causés par l’augmentation disproportionnée des grands centres commerciaux périphériques. Certains pays comme les Pays-Bas ou l’Allemagne ont réussi à maîtriser un développement équilibré de leur centre-ville. Nous avons le sentiment que nous devons à Laval subir des décisions  anachroniques qui ne répondent pas aux intérêts ni aux désirs profonds des populations.

 

L’agglomération a embauché avec raison un expert de l’activité commerciale, nous ne l’avons pas entendu. Y a-t-il une unité de vue et de stratégie au niveau de cette agglomération ? Les réponses face aux difficultés soulevées sont multiples, complexes, difficiles et ne peuvent pas avoir d’effet rapide. Mais, gagner du temps par une politique de communication -déjà expérimentée- est contre-productive.

 

Ne soyons pas surpris de la désillusion des citoyens quand les élus semblent dépossédés du pouvoir d’écrire le destin de leur propre ville. Le rôle du politique, c’est de ne pas laisser uniquement les investisseurs et les marchés façonner notre mode de vie.

 

   

 Le Président de VIVRE-LAVAL.fr

                                                                                         Guy JUILLET.

 www.vivre-laval.fr

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Le Saint Yves – Newsletter 2

♫- A Écouter…sans modération !!!

Pourquoi faut-il intervenir pour la revitalisation du centre-ville ?   « LES ÉCHOS »  14/04/2016

Newsletter n°1

Depuis quelques mois, la presse nationale et régionale s’est emparée des difficultés des centres-villes. On pourra ultérieurement s’interroger sur les raisons qui font que ce thème soit devenu d’actualités.

L’article du Ouest-France du Samedi 2 avril 2016 fait le point sur une trentaine de cités du grand Ouest ; l’indicateur de la vitalité commerciale retenu est le taux de vacance des commerces dans les rues les plus attractives. Les Sables d’Olonne présentent le meilleur résultat avec 1.6% et Cholet le moins bon avec 16.7%. Laval peut être à l’image de la tempérance mayennaise se situe à 5.9%.

On retient dans l’article quelques facteurs explicatifs :

  • L’hypertrophie des zones commerciales périphériques et leur grande facilité d’utilisation et d’accès. Ce facteur est la principale cause du bilan catastrophique du centre ville de Saint Brieuc ( 13.7%).
  • La stagnation de l’activité économique et du pouvoir d’achat . Certaines villes sont touchées plus fortement par la désindustrialisation. Quelques unes perdent de la population.
  • Le coût élevé des installations et des loyers dans les centres-villes
  • L’aimantation des métropoles de plus de 200 000 habitants qui se fait au détriment des villes plus petites. Cette attraction croissante des très grandes villes est proportionnelle « au raccourcissement des distances dû aux moyens de communication de plus en plus rapides »

Dans ces articles, on n’a pas soulevé la nouvelle forme de consommation qu’est le e-commerce et dont le développement est exponentiel. L’oubli de cette révolution révèle-t-il la puissance du phénomène ?

Les grandes familles d’explication doivent être affinées et replacées dans chaque cas particulier. Chaque ville a son histoire, sa géographie et une culture propre. Si on ne retient que l’opposition des centres-villes et surfaces commerciales périphériques, on oublie l’importance de la distribution de masse à faible coût qui a un rôle important d’un point de vue économique, on omet l’importance de l’attraction de ces zones commerciales pour un bassin plus large de « consommateurs » et on ne met pas en avant  ce qui devrait être essentiel: l’intégration de ces zones par rapport au centre-ville ( dans l’espace, dans la stratégie des produits… ).

Ce sera un axe de travail pour notre association de collecter des articles, des études, des avis d’experts, seul moyen de nous faire prendre du recul et de nous poser les bonnes questions vis-à-vis de la situation lavalloise.

La seconde partie des articles porte sur la reconquête du cœur des villes avec l’expérience de la Roche sur Yon et de Saint Brieuc. On y remarque avant tout une volonté politique : lourds investissements pour rénover les quartiers du centre, mise en place d’activités culturelles et de services, création d’animations, opposition à l’implantation supplémentaire de groupes de grandes distributions. Il se trouve qu’à Laval, la stratégie de geler ces implantations n’est pas encore à l’ordre du jour !

Y a-t-il une vision générale au sein de l’ensemble des communes de l’agglomération ou ne sommes-nous pas devant des baronnies politiques qui cherchent leur propre intérêt à court terme ?

On retrouve là la difficile question théorique : l’intérêt général est-il la somme d’intérêts particuliers ou d’un schéma global préalablement discuté avec les citoyens ?

Cela nous entraîne et c’est une question fondamentale sur l’organisation démocratique de nos agglomérations.

Guy Juillet

Président de VIVRE-LAVAL

Le 06/05/2016

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